Aide à mourir : les sénateurs votent la seringue en costume-cravate
- Gérard PIARD

- 12 janv.
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Le Sénat engage un débat décisif sur la fin de vie, dont les conséquences pourraient être irréversibles. Sous couvert de deux textes distincts — l’un sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir — se joue en réalité un choix de société majeur : continuer à investir pleinement dans le soin et l’accompagnement, ou franchir le seuil de la légalisation de la mort provoquée.
La proposition de loi sur l’aide à mourir, présentée comme strictement encadrée, introduit une rupture profonde dans l’éthique médicale et sociale. Pour la première fois, la loi envisagerait que la réponse à la souffrance ne soit plus exclusivement le soulagement,

mais l’autorisation de donner la mort.
Ce basculement concerne en premier lieu les personnes âgées, malades, dépendantes ou isolées, dont la parole est toujours fragile lorsqu’elle se conjugue avec la peur, la fatigue ou le sentiment d’être un poids.
Derrière les garanties affichées, l’expérience étrangère montre que les critères s’élargissent, que les contrôles s’affaiblissent et que la pression sociale s’installe insidieusement sur les plus vulnérables. Le débat sénatorial ne peut se contenter de rassurances procédurales : il engage la responsabilité collective face au risque d’une normalisation de la mort assistée.
Le Sénat porte aujourd’hui une responsabilité historique. Céder sur l’aide à mourir, c’est accepter que la société renonce à protéger jusqu’au bout ceux qui souffrent.
Refuser ce basculement, c’est affirmer que la dignité humaine ne se mesure ni à l’autonomie restante ni à l’utilité sociale, mais à l’attention portée à chaque vie, jusqu’à son terme naturel.













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