On pleure la natalité ...... et on efface 250 000 vie par an
- Gérard PIARD

- 14 janv.
- 2 min de lecture
En 2024, la France a enregistré 660 800 naissances et 251 270 IVG. Autrement dit, le nombre d’avortements représente près de 4 naissances sur 10 en ordre de grandeur (environ +38% du nombre de naissances, si l’on fait l’hypothèse mécanique “pas d’IVG = autant de naissances en plus”).
Ce chiffre français est d’autant plus saisissant qu’il est massivement supérieur à celui de plusieurs grands pays européens comparables :
Allemagne : ~106 000 IVG en 2024
France : 251 270 IVG en 2024
La France pratique ainsi environ 2,4 fois plus d’IVG que l’Allemagne.
Et le contraste devient encore plus marqué avec l’Italie :
Italie : 65 661 IVG (dernier chiffre officiel consolidé disponible : 2022)

La France, avec ses chiffres 2024, représente environ 3,8 fois le niveau italien.
On peut discuter — et il faut le faire — des causes profondes du déficit de natalité : précarité, logement, instabilité conjugale, âge plus tardif des maternités.
D’ailleurs l’Insee constate une fécondité désormais tombée à 1,62 enfant par femme en 2024. Mais une chose ne peut pas être évacuée : le volume de l’IVG en France n’est pas un phénomène marginal.
Sur le plan strictement quantitatif, il pèse lourd dans l’équation démographique française. Même sans prétendre qu’une IVG se transforme mécaniquement en naissance (fausses couches, changement de comportements, contraception, etc.), le fait brut demeure : plus de 250 000 interruptions de grossesse par an, c’est un ordre de grandeur qui, par sa seule masse, contribue fortement au déficit de natalité constaté.
En clair : la natalité ne se redressera pas durablement si l’on refuse de regarder en face ce chiffre massif. Le débat public doit évidemment parler de politique familiale, de pouvoir d’achat, d’accueil de la petite enfance. Mais il doit aussi assumer une question simple : comment un pays qui s’inquiète de sa démographie peut-il considérer comme secondaire un phénomène qui représente chaque année l’équivalent de plus d’un tiers du nombre de naissances ?












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