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Après avoir aboli la peine de mort, la France va-t-elle légaliser la mort sur ordonnance ?

  • 10 mai
  • 2 min de lecture

Dans cet entretien, le politologue Dominique Reynié démonte méthodiquement le discours présenté comme un simple « progrès sociétal » autour de l’euthanasie et de l’aide à mourir. Selon lui, derrière les mots soigneusement choisis, il s’agit bien d’un basculement majeur : transformer le fait de donner la mort en acte médical et en droit reconnu par la société.

L’article met en lumière plusieurs ruptures profondes et inquiétantes :

  • une légalisation imposée sans véritable adhésion populaire claire ;

  • une pression économique et sociale croissante sur les personnes âgées, malades ou dépendantes ;

  • une médecine détournée de sa mission première : soigner, soulager, accompagner ;

  • le risque d’une banalisation progressive de l’euthanasie, déjà observée dans certains pays ;

  • une contradiction majeure entre la prévention du suicide et la promotion d’un « suicide assisté » présenté comme digne lorsqu’il concerne la maladie ou la dépendance.


Dominique Reynié souligne aussi une incohérence politique et morale saisissante : alors que la France a aboli la peine de mort au nom du respect absolu de la vie humaine et du refus pour l’État de donner la mort, le même État envisagerait désormais d’organiser légalement certaines mises à mort au nom de la compassion. Cette contradiction interroge profondément : comment considérer qu’il est inacceptable de condamner un criminel à mort tout en estimant acceptable de provoquer la mort d’une personne vulnérable, malade ou fragilisée ?

Il met également en garde contre une société où les plus fragiles pourraient finir par se sentir « de trop », dans un contexte de vieillissement démographique, de tension budgétaire et d’épuisement du système de soins.

Le cœur de son analyse est sans concession : une civilisation digne se mesure à sa capacité d’accompagner la fragilité, non à organiser la mort. Présenter le suicide comme une forme de dignité reviendrait à brouiller dangereusement les repères éthiques, médicaux et humains fondamentaux.

Cet entretien constitue une alerte forte contre une évolution qui, sous couvert de compassion, pourrait profondément modifier le regard porté sur la vieillesse, la dépendance et la valeur même de la vie humaine.



 
 
 

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